Entre rêve et réalité

Publié le par Eglantine Nalge

Antoine écoute les yeux fermés, assis sur les escaliers,  les notes qui s’égrènent d’une guitare, à l’abri des regards, pour mieux jouir de cette musique. Le jour s'avance tout doucement et ce n’est qu’une question d'heures pour savoir à quel moment le taxi doit venir le chercher.
Il ne se sent plus guère disposé à quitter cet endroit. Il diffère le moment de téléphoner à l'ami qu'elle lui a  présenté pendant une soirée fort animée,de plus il cherche en vain son nom, conséquence sans doute d’un abus d’alcool hier soir.

Il se souvient être arrivé par le grand escaliers qui dessert à partir du hall, les étages, de là il avait pu l'observer un long moment en silence.  En fait qui était-il ? Palot, hagard, on aurait dit qu'il sortait tout droit du couloir du condamné mais condamné à quoi d'ailleurs, il avait beau essayer d’activer sa mémoire, Antoine ne souvenait absolument pas de quoi l'avait-on accusé en son temps et pourtant les journaux n’avaient pas été avares d’informations...Tout d’un coup un silence étrange l'enveloppa et qui contrastait violemment avec l'enfer qui parvenait de la rue par la fenêtre restée grand ouverte malgré la saison.

C'était la fin de l'hiver ou le début, Antoine avait du mal à se situer. De drôles de sensations le traversaient et auxquelles il avait du mal à se raccrocher, c’était fort étrange, est-il dans la réalité ou dans un rêve ? Maintenant, il lui semblait bien être dans son lit...Dans la chambre d'à côté quelqu'un faisait des vocalises et s'évertuait à une pale imitation de Marias Callas de ça il en était certain.

L'enfer...mais était-ce vraiment l'enfer dehors? dans son esprit ce n'était qu'un printemps précoce et l'hiver n'avait fait aucune blessure à la végétation...non décidément les saisons ce n'est plus ce que c'était... Pourtant une épaisse couche de neige était tombée pendant la nuit et les trottoirs à cette heure matinale n'étaient pas encore déblayés. Cette neige était exceptionnell dans la région à fin novembre et pourtant elle était bien là.

Plus que la froidure de cette neige, la blessure qu'elle lui avait infligée devant tous ses amis, lui brulait encore le cœur...comment se venger de cette harpie mondaine qui se prenait pour le nombril du monde ? Une envie de meurtre habitait dorénavant ses jours et ses nuits. Il avait longtemps marché dans le jardin public en repoussant les feuilles mortes, mettant à mal ses chaussures comme lorsqu'il était enfant.

Sa mère le sermonnait souvent,  lorsqu'il revenait crotté, c’était le temps de la guerre et s’ il n'était pas facile de se procurer les produits de première nécessité,  alors que dire pour des chaussures...

Des coups insistants à la porte de sa chambre, finirent par avoir raison du sommeil profond ou il s’était promené une partie de la nuit, mélangeant présent et passé...rêve et réalité.

 


Ce texte a été écrit avec l'aide de l'Atelier d'écriture des éditions Zulma. D'après le nouveau magasin d'écriture d'Hubbert Haddad.
http://www.zulma.fr

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flipperine 07/02/2015 00:26

ah quand on dort on est vraiment dans un autre monde surtout si le rêve ou le cauchemar s'en mêlent

Monelle 06/02/2015 11:10

En te lisant j'ai eu l'impression que tu racontais un de mes rêves qui sont très bizarres en ce moment !
Bonne journée - bisous

Monelle

Eglantine 06/02/2015 15:47

tu sais quoi ...ça doit être la faute à la lune :-)

pimprenelle 05/02/2015 17:51

C'est vrai que les mots peuvent faire plus de mal qu'une blessure physique. Heureusement que tu nous dis que ce n'était qu'un rêve, ouf.
Bises Eglantine

Eglantine 06/02/2015 15:46

je te confirme ! lol

Hairabédian 04/02/2015 17:16

merci pour ce "voyage" et plus; amitié, henri aram Hairabédian

Eglantine 04/02/2015 17:23

merci de ta visite et heureuse de ton passage :-)

Quichottine 04/02/2015 13:55

J'aime beaucoup ton récit... j'ai pour ma part oscillé entre rêve et réalité.
Le retour au rêve est presque rassurant. :)

Passe une douce journée. Bisous.

Eglantine 04/02/2015 16:38

P.S ...d'ailleurs je me posais la question à savoir " s'il " n'allait pas se recoucher et partir dans un autre rêve ...lol !

Eglantine 04/02/2015 16:37

dans le cas de ce récit je crois qu'il vaut mieux que ce soit un rêve :-) lol

bisous

Marizou 04/02/2015 09:03

Un texte angoissant à souhait qui illustre bien l'incohérence des rêves !

Eglantine 04/02/2015 16:36

parfois je me demande d'ou sortent les miens !

Solange 03/02/2015 20:51

Très intéressant j'aimerais une suite. Bravo.

Eglantine 03/02/2015 22:59

pas sur que j'arrive à faire une suite ...mais on peut y réfléchir :-) merci

colettedc 03/02/2015 18:48

Bravo, Églantine ! Il est vraiment superbe ce texte !
J'♥ beaucoup !
Bonne et douce soirée de ce mardi !
Bisous♥

Eglantine 03/02/2015 22:58

j'aime me promener sur ce site et faire des petits textes mais il y avait longtemps que je n'y étais allée ...
bisous

pimprenelle 03/02/2015 17:21

Tu restes vraiment sur un non dit. Il va falloir absolument, une suite. Débrouille-toi avec ton sommeil !
Au départ, le prénom me disait que j'étais en territoire connu, et puis ...
Bisous Eglantine

Eglantine 03/02/2015 22:57

mon sommeil en ce moment me fuit ...et c'est souvent hélas :-)
bisous

Nina Padilha 03/02/2015 13:11

C'est cool ! Tu vas en faire un roman, ou une nouvelle ?
Bisous !

Eglantine 03/02/2015 22:56

j'ai l'impression de ne plus savoir écrire ...si jamais je l'ai su un jour :-)

bisous