Le cadavre

Publié le par Eglantine Nalge

Le cadavre

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La musique sur les rails, faite par  un Tgv n’a pas la même mélodie que celle des trains d’antan, cependant beaucoup de voyageurs ont fini par somnoler, fatigués sans doute par des nuits trop courtes ou des voyages répétés. Catherine se dit qu’elle est heureuse malgré ce courrier qui l’a perturbé plus qu’elle n’aurait voulu. Depuis quelques jours elle sait qu’elle est enceinte et à défaut de connaître sa famille biologique, ils vont pouvoir avec Vincent, construire leur propre cellule familiale. Elle rêve déjà de plusieurs bambins, enfin trois ce seraient bien… qui seraient aussi beaux que leur père, courant et jouant dans un grand jardin, tient un peu comme celui qu’elle a vu  en cherchant des renseignements sur ce restaurant, c’est curieux cette sensation de déjà vu dont elle ne peut se défaire…

Le train entre enfin en gare et chacun se précipite pour sortir, aussi elle attend qu’un premier flot dégage le passage. La sortie sur le quai ressemble à toutes les agitations d’autres gares mais au fur et à mesure que Catherine s’avance dans le hall, elle ne reconnait plus les lieux transformés par de récents aménagements. L’arrivée sur le parvis de la gare Saint Charles, dominant ces grands escaliers plongeant vers le boulevard d’Athènes, se prolongeant lui-même,  de l’autre côté de la Canebière par le Cours Lieutaud, procure  très souvent aux voyageurs une émotion certaine et Catherine n’y échappe pas.
C’est vers le haut du Cours Lieutaud que se trouve la rue Marengo …quelques hésitations et elle décide de s’y rendre mais en faisant un détour par la rue Saint Ferréol et puisque le temps ne la presse pas pourquoi pas la rue Paradis aussi ! En fait, elle retarde sans vouloir vraiment se l’avouer, le moment où elle se trouvera devant la porte du pensionnat. Elle s’attarde au gré des boutiques ou des librairies, redécouvrant un Marseille qu’elle avait complètement occulté de sa mémoire. Un appel téléphonique de Vincent lui permet de reprendre courage pour la démarche qu’elle va accomplir et c’est ainsi que presque sans s‘en rendre compte elle se retrouve devant la porte qui était celle du pensionnat.

Plus de pensionnat, juste une plaque discrète informe le visiteur de la présence d’un couvent. Une sœur qu’elle ne connait pas vient lui ouvrir et consent à la faire entrer dans cet espace de silence.  Plus d’enfant dans ce qui était les salles de classes et plus de jeux ni de cris dans la cour. De son séjour ici, rares sont les sœurs qui sont encore présentes. Mère Agnès est âgée et malade, c’est à peine si elle la reconnait, sa mémoire et ses pensées sont déjà parties dans un monde inaccessible pour Catherine. Le puzzle restera entièrement à construire... Il ne lui reste plus qu’à prendre le chemin de son rendez-vous.

 

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Quichottine 07/05/2015 00:21

Retourner sur les lieux de son enfance... je l'ai fait une fois et j'ai décidé de ne plus jamais recommencer. ;)

Eglantine 14/05/2015 16:08

je suis bien de ton avis :-) c'est comme retourner dans un restaurant ...qui aurait changé de chef ...sourire
bises

pimprenelle 01/05/2015 17:45

Tout change, évolue et la vieillesse de la Mère la prend de vitesse.
Allez j'y vais avec toi.
Bises

Eglantine 02/05/2015 15:31

c'est terrible comme en peu de temps les lieux changent et puis au milieu parfois tu retrouves un vieux commerce !
bisous et bonne fin de journée

Renee 30/04/2015 16:49

pas facile de retourner sur les lieux de l'enfance rien n'est pareil et surtout tout semble petit car nous voyons en adulte...........bisessssssss

Eglantine 02/05/2015 16:46

coucou
c 'est tres perturbant parfois :-) difficile de s'y retrouver sauf peut être dans certains petits villages ...
bonne fin de journée bisous

colettedc 30/04/2015 03:36

Oui, avec le temps, tout devient autre, en effet !
Bon jeudi tout entier Églantine !
Bisous♥

Eglantine 02/05/2015 16:47

les paysages changent ...et nous avec ! :-)
bisous et bonne soirée...enfin chez moi ...j'ai vraiment du mal à réaliser parfois que nous n'avons pas les memes horaires ...

flipperine 29/04/2015 23:11

comme tout peut changer en qq années dans une ville

Eglantine 02/05/2015 16:47

il y a des endroits ou c'est très impressionnant !

Solange 29/04/2015 21:29

Moi qui croyais percer le mystère aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle se faire tenir en haleine.

Eglantine Nalge 29/04/2015 23:09

demain promis ...mais tu risques d'etre décue par la fin ...:-)

jill bill 29/04/2015 20:02

Quand je lis le nom Vincent... celui de notre cadet, célibataire lui, nous en aurons jamais de petits, il campe sur ses positions... bref, refermons la parenthèse, on avance à petits pas bonne-maman, merci, affaire à suivre, bises du soir... JB

Eglantine Nalge 29/04/2015 23:10

ma fille aussi a décidé de rester célibataire :-) c'est leur choix ...bisous