Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Blog d'Églantine-Lilas NALGE...

Stella

5 Octobre 2012 , Rédigé par Eglantine-Lilas Publié dans #Petits-contes-corses

 2525006717_130e491470.jpg  

Depuis qu’elle avait perdu son fiancé en mer, Stella (Etoile) qui illuminait la vie de ses parents, portait l’habit traditionnel des femmes corses, jupe et caraco noirs ainsi que le fichu de même couleur sur la tête, cachant une partie de son joli visage. Le foulard autour du cou lui servait aussi de coussin pour porter la « setia » lorsqu’elle allait chercher l’eau à la fontaine du village.

  Ses parents tenaient, ce qu’on appelle de nos jours une table d’hôtes, plus qu’une véritable auberge en Balagne , à l’intérieur des terres, à quelques kilomètres d’Ile Rousse. Parfois  Stella dans la journée s’avançait  sur le chemin qui mène à la presqu’ile de Pietra pour admirer le phare et la tour génoise, tout en espérant voir une silhouette familière s’avancer vers elle.  Elle savait bien que la mer ne rend pas les marins qu’elle prend mais elle ne pouvait s’empêcher d’espérer.

  Les rares personnes qui empruntaient ce chemin , ne pouvaient résister au fait de se  retourner sur cette belle jeune fille, élégante et racée, tout de noir vêtue, dont ils pouvaient apercevoir quand elle daignait lever la tête, un regard de braise. C’est ainsi que bien des années passèrent et Stella attendait toujours un signe du destin.   Ses parents se désolaient de la voir refuser tout autre prétendant, y compris des « pinzuti »qui étaient venus s’établir près d’Ile Rousse.

  Une fois par mois Stella attelait la mule au « cabriulè » et allait acheter à la ville les produits qui arrivaient par bateau du continent. Ce matin de printemps c’est presque joyeuse qu’elle partit faire les emplettes.

 

* * *

  Ange se leva aux aurores plus fatigué qu’au coucher, tant son sommeil avait été agité. Le café était resté toute la nuit au chaud dans la cheminée, pas trop près de la braise somnolente, mais assez tout de même pour que le café soit juste à bonne température pour son réveil. 

  Avant de s’asseoir à table pour déjeuner, il se dirigea vers le fond de la pièce ou était suspendu à une poutre, le jambon,  il s’en coupa une tranche épaisse en prenant soin de bien couper avec le lard, qui bordait la partie maigre. En fait, ce qu’il préférait était le « gras » comme disait les « pinzuti » lorsqu’ils venaient chercher la charcuterie de montagne.

  Dans le pétrin il prit le pain qu’il avait cuit dans la semaine au four du village, il était trop pauvre ou pas assez riche, pour en posséder un à lui. Compte tenu de son long périple il préféra déjeuner copieusement sachant qu’il n’était pas sûr de trouver une auberge sur son parcours, aussi il compléta ce repas pour le fromage de montagne, au relent très fort, mais  doux  au goût. C’était d’ailleurs curieux, l’odeur de ces fromages faisait fuir les gens qui n’étaient pas habitués alors qu’ils étaient si agréables à déguster.

  Ange pouvait maintenant s’asseoir, non sans avoir pris au préalable le lait trait de la veille et qu’il avait mis au frais sur la fenêtre. Il déjeuna doucement comme s’il voulait retarder le moment de se mettre en mouvement, sachant pourtant que la route allait être longue.

  Il habitait dans un petit village, au pied du lac Nino dans le Monte Tozzo. La montagne corse est grandiose de diversité et ne serait-ce sa solitude affective, il y passait des moments heureux  parfois dans le maquis, au bord des torrents et des cascades ou dans les châtaigniers et plus haut vers des alpages, lorsqu’il quittait le village pour la saison d’été. Oui mais voilà il avait décidé de trouver femme et cette démarche l’angoissait.

  Plutôt que de partir avec son âne il lui semblait plus sage ce matin de partir à dos de mulet. Il laissait ses guêtres de côté, l’idée de la veille ne lui semblait pas raisonnable pour un si loin trajet et préféra ses chaussures cloutées qu’il utilisait tous les jours et qui seraient plus confortables.

  Inutile de fermer la porte à clé, s’était bien trop loin de la ville pour que les voleurs s’y aventurent et Doumè veillerait sur ses quelques biens, pendant son absence. Le jour allait se lever, il était maintenant temps de partir. Il n’avait pas trop réfléchi pour savoir comment s’y prendre mais il avait bien au moins pour trois jours de marche ce qui lui lassait tout le temps de penser comment mener son action. 

***

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

pimprenelle 05/10/2012 11:01


Deux destins opposés, deux solitudes.


Ce jour-là, Stella est "presque" heureuse, alors pourquoi pas une rencontre.


Belle approche Eglantine.


Bisous

Eglantine-Lilas 06/10/2012 13:53



je n'ai pas encore imaginée la suite ...mon imagination n'est guère féconde en ce moment


bises



Monelle 05/10/2012 09:38


J'aime ta façon de nous présenter ces deux destins... se retrouveront-il ? A nous de le deviner !


Bonne journée - bisous



Eglantine-Lilas 06/10/2012 13:54



à chacun sa fin ...sauf si j'arrive a imaginer quelque chose


bises



Nina Padilha 05/10/2012 09:19


Stella va le rencontrer.
Craquera-t-elle ?
Bisous !

Eglantine-Lilas 07/10/2012 10:38



...peut être ! a vari dire je en sais pas encore


bises



jill bill 05/10/2012 07:32


Bonjour Grand-ma... Et alors, et alors.... Stella et Ange ?..... merci.... Bisous du vendredi

Eglantine-Lilas 07/10/2012 10:38



dès que je sais je te tiens au courant promis


bises