Grégoire - Epilogue

Publié le par Eglantine-Lilas

 

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Bien des années s'étaient écoulées…Il allait nez au vent dans cette petite ville où il venait de passer quelques jours pour des occupations professionnelles. Avant de quitter la France il avait eu envie de s’attarder un peu, tant la température était douce en cette journée de printemps et incitait à la promenade.

 

Après avoir longuement marché au hasard,  il se trouvait maintenant dans un quartier où presque toutes les maisons étaient agrémentées d’un petit jardin ; constructions des années 1900 elles avaient toutes une âme différente.

 

Était-ce l’usure du temps sur la pierre, qui leur donnait à chacune un style bien définie ? La douceur précoce de cette année activait une végétation qui promettait une belle floraison et la vue des jardins le retenait  parfois plus que la discrétion l’aurait voulu.


          Il était devenu peintre à ses heures, non pas un grand peintre non, juste un peintre pour le plaisir de tout oublié un instant et de se perdre dans la toile. Les maisons et les portes en bois le fascinaient. C’est en passant dans une ruelle peu fréquentée qu’il découvrit une porte en ogive entrebâillée au fond d’un passage, il ne résista pas à la curiosité de découvrir ce qui se cachait au-delà.


          Il s’avança dans ce passage vouté et empierré après s’être assuré qu’il n’y avait âme qui vive. Le silence qui régnait dans ce lieu lui faisait penser au patio des cloîtres, un silence particulier qui vous apaise, serein. Dès qu’il eût  franchi la porte il fut ébloui par le soleil éclatant dans le jardin. Un olivier prenait toute la place sur le deuxième espalier, alors qu’une treille offrait son ombrage sur le côté gauche de l’entrée. Le banc installé  en dessous invitait à une pause pour admirer l’enchevêtrement des plantes qui avaient poussées sans qu’une main d’homme leur donne un chemin de développement.


          Il ne sut résister à l’envie de  se percher  sur un tronc de bois au pied du premier espalier pour pouvoir grappiller quelques groseilles qui l’invitaient à céder à la tentation, elles se faisaient discrètes au milieu des feuilles mais se montraient suffisamment pour qu’on ait envie de tendre la main pour les attraper.


          Loin de donner une impression d’abandon ce jardin respirait la joie et la bonne humeur : les rosiers et leurs longues branches flirtaient avec les marguerites, le thym se penchait dans un doux murmure sur la lavande, la menthe se hissait sur la pointe des pieds pour dépasser la sauge, les iris se redressaient fiers d’être les premiers à fleurir et le lilas laissait ses fleurs se faner dans un joli tapis mauve et blanc, aux pieds des dahlias qui pointaient à peine leur nez.


          Il s’assit un instant sur ce banc, ce jardin à l’abandon le ramenait vers un autre, vers son adolescence. Il ferma les yeux et les souvenirs affluèrent  accompagnés d’un parfum si particulier qui n’avait rien à voir avec les plantes qui l’environnaient. Il avait un jour quitté la France mais non pas dans les conditions de fuite qu’il avait si souvent imaginées.

 


Le soleil désertait maintenan petit à petit le jardin dans lequel il s’était attardé, il était temps de reprendre sa route et de laisser les souvenirs dans son cœur maintenant que sa grand-mère avait rejoint son grand-père. La maison de son enfance avait retrouvé vie avec une autre famille et peut-être qu’un autre petit garçon trouvait aussi refuge dans son arbre. Il vérifia par habitude la présence de la pipe au fond de sa poche qui depuis tant d’années ne le quittait plus. Demain il prendra un vol pour les Etats-Unis pour retrouver ses parents.


—    Oui Grand-père les miracles existent, mais je suis sûr que tu y es pour quelque chose !

 

 

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Le Billet de Michel 24/02/2014 14:45


Un grand moment de vie et une fin qui se termine bien.


Bises Eglantine


Michel

Monelle 23/02/2014 10:58


Même si des années ont passées l'espoir est devenu réalité. Encore merci pour cette nouvelle. J'ai adoré ta description du petit jardin !


Bon dimanche - gros bisous



Quichottine 23/02/2014 10:46


Je ne sais pas si ce sera facile pourtant d'oublier cette maison de son enfance...


Très beau texte, Eglantine.

Marizou 23/02/2014 09:29


Un "happy end" qui me plaît bien !

flipperine 23/02/2014 08:46


Une belle histoire comme quoi les bons souvenirs restent

jill bill 23/02/2014 08:16


Eh eh... merci à toi et bon vent à Grégoire dans sa vie d'adulte, et aux nouveaux proprétaires des lieux....  bises de jill