Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La lampe à pétrole

Participation d'ANNE au défi 239,
Commandant à la barre Jeanne Fadosi

Sur notre île isolée, coupée du reste du monde, nous parvenaient par intermittence, les nouvelles angoissantes d’une famille lointaine nous racontant la guerre, l’occupation, le rationnement, mes oncles prisonniers que je ne connaissais pas, mes tantes rivalisant d’intelligence pour nourrir leur famille.
Privée de jouets, de livres, j’avais confectionné toute un armée de personnages en carton que j’alignais sur le parquet ciré de ma chambre: soldats, marmitons, porte-drapeaux, trompettistes, officiers, général d’armée auxquels je faisais vivre toutes sortes d’aventures. Ces jeux me permettaient de reproduire les événements dont, enfants, nous entendions parler entre adultes. Lorsque une lettre nous parvenait de France je percevais vaguement la tristesse de mes parents.
Nous vivions sans eau courante, sans électricité. Aucune ampoule au plafond, aucun appareil ménager. La cuisine était séparée du bâtiment principal et les repas cuits sur un feu de bois. Lorsque le soir tombait, mon père allumait, à l’aide d’une allumette, le manchon d’une lampe à pétrole accrochée au plafond de la salle à manger et c’était un moment magique, tous assis en rond autour de la table dans le cercle protecteur d’une lumière diffuse, couleur ambre, tandis qu’autour de nous, la nuit semait ses ombres et ses mystères. Les insectes entamaient alors une ronde fantastique autour de la lampe, grillant parfois leurs ailes au contact du verre brûlant. De loin nous parvenait le chant lancinant des crapauds.
J’ai gardé de ces instants sacrés une douce impression de paix , de plénitude. Parfois je m’endormais et sentais, confiante, deux bras protecteurs  m’emporter vers un monde rempli de rêves et de quiétude.
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Merci pour cette chaleureuse tranche de vie.
Bisous.
Répondre
A
Souvenirs ancrés à cœur que tu décris si bien !
Répondre
A
« La mémoire, ce passé au présent ». François Chalais.
Bises
Q
Merci pour ces souvenirs partagés.
C'est émouvant.
Répondre
A
Le monde a bien changé depuis. La vie est un voyage dans le temps, tu ne trouves pas ? Continuons notre voyage ... Bises
J
Au moins dans cette île sans confort, la guerre semblait ne pas déranger votre quiétude. De biens beaux et doux souvenirs bises
Répondre
A
J’étais très jeune mais je me souviens que nous avons parfois reçu la visite de marins dont les sous-marins avaient échappé à la surveillance des Japonais. Certains même ont dîné à la maison.
L
C'est magnifique, Anne.... J'ai bcp aimé ! Je n'étais sur une ile mais dans l'Aube et si nous avions l'électricité, nous n'avions rien... pas d'appareils ménages, pas de frigo ni machine à laver... c'était au jour le jour... et pas de jouets pour nous, les enfants : tout comme toi, je découpais des mannequins dans les magazines donnés par les voisins et nous nous amusions avec ... Et c'était bon, on s'amusait bien !
Merci pour ton partage et bisous
Répondre
A
C’est bon de se rappeler ces moments de bonheur volés à la vie, avec ou sans électricité. Bisous Luciole
C
Bonsoir Anne,
Qu'ils sont bons, tes souvenirs d'enfance. Venant de la campagne, j'ai aussi pu connaître cette lampe au plafond et la lampe à l'huile sur la table mais, pas longtemps car, lorsque j'eus cinq ans, nous avons eu l'électricité et lors de l'intallation, j'eus la mission de surveilller mon petit frère pour ne pas qu'il se mettre les doigts dans les trous ☺. Bravo ! J'♥ beaucoup ! C'est super ! Bisous♥
Répondre
A
Bien sûr en France, il y avait à cette époque, dans les appartements, l’eau courante et l’électricité mais pas le gaz. On se chauffait à l’aide de cuisinières à charbon et les WC étaient au fond de la cour. J’ai constaté cela à mon arrivée en France que j’ai adorée. La Réunion, en était toujours au XIX ème siècle. C’est magnifique les souvenirs...Ils passent à travers un ressenti, des émotions que seuls les Hommes peuvent transmettre aux Hommes.
C
... installation ... bien entendu ...
R
merci pour ce doux souvenir partagé pur ce défi mais j'aimerais bien savoir sur quelle île tu étais Anne....Bisous douce semaine
Répondre
A
C’était l’île de la Réunion mais sans voitures, avec quelques cars, beaucoup de charrettes et un petit train à vapeur qui faisait le tour de l’île. Maintenant, la civilisation a fait son œuvre...Bisous Renée
M
Merci beaucoup à Anne pour ce texte qui relate des souvenirs d'enfance qui pour moi sont d'une autre époque puisque j'ai toujours vécu dans une maison avec l'électricité et l'eau courante. Mais j'aime cette ambiance chaleureuse quand toute la famille se réunissait autour de la lampe, ce sont des souvenirs que mes parents me racontaient quand ils étaient encore en vie. Merci aussi à toi pour ton texte que je viens d elire aussi...Bises à toutes les deux
Répondre
A
À cette époque, il y avait déjà dans les villes françaises, l’eau courante et l’électricité, mais nous étions perdus sur un île, en plein Océan Indien. Bonne soirée à toi.
M
C'est émouvant de penser que peu importe le contexte,un enfant se sent en sécurité protégé par l'amour de ses parents.
Répondre
A
La vie est une expérience précieuse dont il faut savoir apprécier chaque instant heureux...En ce qui me concerne, j’essaie. Bises
J
Un superbe texte pour évoquer tes souvenirs , j'aime beaucoup cette atmosphère chaleureuse que tu décris .
Bonne journée
Bises
Répondre
A
Il y a des moments de votre vie qui vous marquent plus profondément que d’autres... Et puis l’écriture ravive les souvenirs. Merci aux « croqueurs de mots » et bises à toi.
M
Bonjour, j'ai aussi connu pas la lampe à pétrole mais pas d'eau courante quand on arrivait au village. Bon Lundi MTH
Répondre
A
C’était un bonheur d’aller chercher l’eau à la source. J’avais même appris à porter le bidon d’eau en équilibre sur ma tête. Bisous
G
Ton texte m'a touchée, c'est un peu de mon enfance dans un autre contexte troublé...
Répondre
A
Je me rends compte maintenant, de la chance que j’ai eue. Amitiés
M
Bravo pour ton joli texte Anne. Qu'ils sont doux ces souvenirs d'enfance et ce n'est pas le progrès qui fait le bonheur même s'il y contribue. Belle semaine.
Répondre
A
Si on peut appeler cela, le progrès! Espérons que nos enfants et petits-enfants garderont, plus tard plus eux aussi , la nostalgie de leur enfance. Bonne soirée Martine
Z
Un très beau texte Anne, et de beaux souvenirs !
Bises et bon début de semaine
Répondre
A
J’ai écrit ce texte sans même chercher mes mots, tellement ces souvenirs font partie de moi. Bonne semaine à toi aussi.