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Aux bains de mer

Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,
Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
– Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.
François Coppée, Le Cahier Rouge
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A
Tout une aventure ces premiers bains de mer !
Je t'ai répondu sur mon blog, bonne journée !
Répondre
E
coucou du dimanche mes amies ! j'ai une fois encore eu un coup de foudre dans mes recherches sur les poèmes, pour celui là mais il m'en reste tant d'autres encore à découvrir, si le Bon Dieu le veut bien .
J'ai été heureuse de le partager avec vous
je vous embrasse
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J
avec cette belle illustration je découvre encore de nouvelles poésies de François Coppée... merci
Bonne soirée et bises
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E
:-) pas de quoi ! bises
Q
Décidément, j'aime toujours autant ce poète.
Merci pour le poème que je découvre aujourd'hui.
Bisous et douce journée.
Répondre
E
j'aime ce poète aussi :-)
bises
M
Quelle jolie photo rétro et quel beau poème que je ne connaissais pas du tout ! Une autre époque en effet pour ces enfants...bisous
Répondre
E
j'aime ces vieilles photos :-)
bises
C
Bonjour Monique,
Quel magnifique choix de poème et qu'elle jolie photo !
Bisous♥
Répondre
E
j'aime la mise en parallèle de ces deux mondes...enfantins
bises
F
Un contraste entre les enfants de bourgeois qui vient la mer comme une aire de jeux et les enfants qui travaillent déjà et pour qui la mer est une amie qu'ils ont apprivoisée. Bise
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E
c'est si bien vue ce contraste ! bises
R
très beau poème qui met bien en lumière la différence de deux monde même s'il s'agit d'enfants....Bisous
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E
une différence mise en lumière si simplement :-)
bises
P
Un parallèle entre deux enfances très beau d'ailleurs. Et, bien sûr, je me pose la question : est-ce vraiment terminé. Bien sûr pas à ce point mais ...lorsqu'ils donnent un coup de main au père, bien sûr, c'est lui qui va porter plus, mais pour autant l'enfant travaille pour que la famille ait un petit revenu supplémentaire.
Bisous Eglantine.
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E
non je ne crois pas que ce soit terminé...juste différemment !
bises
M
Deux poids deux mesures, Monique... j'ai des doutes quant à l'impassibilité et la " cécité" des jeunes travailleurs, des différences tellement criantes.... Bisous
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E
j'aurais pas cécité ....une acceptation de son destin ? ...ou la fatalité je ne sais !
heureuse de te voir, je pense souvent à toi :-)
bises
M
Bonjiour Eglantine, bon choix le texte et la photo. Bisous bon après-midi MTH
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E
heureuse que cela te plaise :-)
bises
A
Ce poème et son illustration sont chargés de nostalgie. Ils font partie de la mémoire de notre vieux pays. C’est là que nous mesurons toute l’importance de la culture reçue. Merci Eglantine
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E
:-) le poète n'est pas né d'aujourd'hui ...
bises
J
Un tres bon choix de poème avec cette mise en parallèle de l'enfance privilégiée et l'autre laborieuse .
Une belle découverte .
Bonne journée
Bises
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E
j'aime la façon simple de cette mise en parallèle si évidente :-)
bises
G
Tu nous sors des pépites ! Merci à toi.
Répondre
E
je vais faire payer mes trouvailles :-)
bises
M
Très émouvant ce poème et ce contraste entre l''enfance insouciante et l'autre laborieuse. Heureusement c’était dans un autre temps enfin dans notre pays car des enfants qui travaillent cela existe encore ailleurs. Bises
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E
tu as raison, il est émouvant :-)
bises
Z
Je ne connaissais pas ce poème de François Coppée, il est splendide. Merci Monique. Bises et bon jeudi
Répondre
E
je ne le connaissais pas non plus, encore une découverte !
bises