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Le papillon, Vincent l’Écrivain, et les autres...

Prologue

Chaque après-midi, un papillon toujours le même - d’une incroyable et peu commune couleur bleue irisée, vient rendre visite à Vincent l’Écrivain.
Le bureau où officie depuis quelques années ce dernier, se situe dans l’aile Est du mas, à l’opposé de l’espace de vie. Orienté est-ouest, le soleil vient s’y glisser dès son lever, c’est-à-dire dès que la lune veut bien lui laisser la place dans les nues.
Il entre par les fenêtres laissées grandes ouvertes aux premiers beaux jours, l’hiver il toque simplement aux carreaux. Dès midi passé, c’est à travers deux larges baies qui entourent un pan de mur avec une petite fenêtre – là où se pose sur le rebord en observation le papillon, que le soleil essaye de s’infiltrer jusque dans la pièce, afin de distraire l’Écrivain de ses écrits, cependant la plupart du temps ses tentatives restent vaines.
C’est au milieu d’une vaste propriété dans la campagne provençale, qu’ont été construit les différents corps de cette bastide, - L’Éouvé -[1] afin que chaque génération puisse y vivre sans empiéter sur la vie des autres membres. Si on y vit en famille comme autrefois, en harmonie avec la nature, les animaux et l’exploitation agricole eux ont été confiés à un métayer. Des aménagements modernisant les lieux d’habitation y ont été apportés, y compris un nouveau confort qui était plus que succinct dans les temps d’autrefois.
À l’opposé du bureau, habite un couple charmant d’octogénaires Estève et Laure, les grands-parents de Vincent, vivant une vie paisible et heureux d’avoir leur petit monde autour d’eux. Vient ensuite la partie réservé aux parents, Olivier et Anne, à la retraite après avoir passé la main sur la gestion de l’exploitation, sous la surveillance de la sœur de Vincent, Charlotte et de son mari Hugues.
C’est dans l’aile sud qu’ils sont logés avec leur trois enfants, Jean l’aîné qui quittera bientôt le nid pour la suite de ses études, Aurélien et la petite dernière Estelle encore scolarisée à l’école communale du village. En suivant en ligne droite la construction, se trouve l’espace de vie de Vincent, d’Ambre sa femme, et de leurs deux adolescentes, Alice et Sophie qui partent tous les matins avec le car scolaire rejoindre le lycée de la ville voisine. Là, où Ambre enseigne la littérature à des têtes pas spécialement blondes et pas toujours très disciplinées !
Régulièrement des repas festifs réunissent les occupants quelque soit leur âge, l’hiver dans le vaste séjour occupé par Olivier et Anne, et où de belles flambées dans la cheminée trouvent leurs amateurs. L’été, c’est sur la terrasse de devant que se réunit toute la famille, parfois à laquelle viennent se joindre amis ou voisins.
Cet après-midi-là, Vincent a mis un point final au dernier chapitre de son roman. Le printemps pointe le bout de son nez, et son regard s’égare vers le champ voisin où paissent en silence des moutons. Une vague blanche sur une mer verte !
- Voilà encore un livre achevé qui va me quitter pour aller dans les mains de mon éditeur qui n’aura de cesse que de me faire corriger ceci ou cela, médite l’Écrivain nostalgique - et de me mettre la pression pour l’écriture d’un prochain ! 
  Les parfums du lilas, du jasmin, ainsi que des arbres fruitiers en fleurs – parfums rendus encore plus intense avec les rayons du soleil couchant, lui chatouillent les narines et l’invite à une promenade. Pour qui n’a pas l’habitude de profiter de la vie à l’extérieur, dont l’occupation tient enfermé le soir à pas d’heure, faire l’école buissonnière demande une profonde réflexion. Il est cependant des jours où la sagesse n’est pas de mise.
   C’est ainsi que ce jour à l’heure de sa visite rituelle, le papillon dépité, trouve le bureau vide de toute occupation humaine. Dans un premier temps il s’en alarme puis très vite il comprend que le printemps en est la cause et n’-a-t-il pas lui-même conseillé à plusieurs reprises qu’il était bon de – prendre l’air, de temps en temps ? En effet, c’est dans une chaise-longue sous un pommier en fleurs qu’il trouve l’Écrivain endormi.
 
Ce papillon bien particulier, a certainement vu le jour dans une forêt tropicale, et très probablement au Costa Rica. Néanmoins, nul ne sait comment il s’est retrouvé un jour dans le sud de la France.  Avec aplomb, il a toujours prétendu souffrir d’une amnésie partielle pour ne jamais dévoiler comment s’est fait ce long voyage qui le mena jusqu’en Provence.
Toujours est-il qu’il adopta Vincent, et que Vincent l’adopta !
 
à suivre ...peut-être !
 

[1] Nom commun du chêne vert en provençal ou Yeuse
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R
Pour info :<br /> Absente dès le 11 jusqu'en fin de mois.<br /> Bisous doux weekend a toi et Anne
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E
Bonne vacances et/ou repos<br /> bisous
F
Une maison de famille où chacun a sa place j'aime beaucoup. Le papillon exotique ,un peu curieux va se faire des ams à commencer par Vincent .. Une belle histoire .Bise
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J
Une belle amitié est en train de naitre entre l'écrivain et le papillon. Eh bien en regardant ton commentaire et réponse à Renée, je peux t'affirmer que tu as bien raison d'écrire, le tricot attendra .<br /> Bonne journée <br /> Bises
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E
Que c'est gentil , merci tu me donnes du courage :-) bon le tricot vraiment j'attends encore un peu ? Bisoussss
R
Une jolie histoire alors peut-être non on la veut la suite. Bisous doux dimanche
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E
sourire...je me suis encore lancée dans l'écriture ...mais parfois ça rame dans ma tête ...un peu moins de 100 pages pour le moment ! parfois je me dis qu' à mon âge je devrais me consacrer au tricot, que c'est idiot ce que je fais ...et puis je recommence ...grosses bises
E
Gentil papillon qui aime les humains ! la suite, la suite ! bon dimanche.
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E
la suite ? j'y réfléchis :-) belle journée à toi ...
C
Super, Monique !!! Bien spécial, que ce papillon. C'est à suivre, oui, en effet !!!<br /> Bonne fin de soirée de ce samedi et beau week-end tout entier. Bisous♥
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E
on se demande d'où il sort :-)<br /> bon we Colette<br /> bises
G
Un papillon qui se pose sur une épaule pour lire la prose d'un écrivain, ça n'est guère pesant et peut chatouiller l'imagination d'un petit battement d'aile... Et donc ?
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Q
La preuve est dans ton dernier billet, tu y es arrivée. :)<br /> Bravo !
E
et donc ? ....bah il faut écrire au moins 200 pages et j'en suis à ...pas près d'y arriver:-) <br /> Tu sais mère-grand prend parfois un chemin sans savoir où va ...j'adore l'aventure !<br /> bises et bon dimanche
Z
Un papillon venu de loin pour titiller la créativité de l'écrivain ! J'aime Monique..... Bises et bonne soirée
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E
pourvu qu'il y arrive Zaza ! je constate qu'il me faut toujours lorsque j'écris un " intervenant" extérieur ! <br /> M'âme Eglantine...Socrate...Honorine et Honoré et maintenant Léo le papillon ..ah je ne t'avais pas dit, il s'appelle Léo ..:-) bises
J
Charmante famille au fil des saisons, même si romancier n'est pas facile comme profession, on le pense mais... il faut une bonne dose d'imagination, quant au papillon exotique, il peut arriver que par le biais d'un avion, dans une cargaison de fruits pas exemple, il se retrouve bien loin de chez lui... ici compagnon insolite ;-) belle soirée mère-grand, bises JB
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E
sourire, parfois l'imagination est fatiguée !! je n'en ai pas beaucoup pour le blog depuis quelques temps, c'est comme pour les amours ...après temps il y a parfois un refroidissement des sentiments du moins ils changent lol ! <br /> un beau mois à toi et ta famille...ici nous devrions avoir le temps d'un passage court les plus lointains des petits et arrières...bises