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 La cueillette des olives.

Le jeudi en poésie des Croqueurs de Mots. Colette à la barre.
Novembre. Le vent d'Est pleure, et parmi les cieux
S'amassent les brouillards tristes et pluvieux.

Les oliviers sont noirs d'olives, et l'on coupe
Des roseaux sur les bords du marais ; puis, en troupe,
Effrayant les gros becs à grand bruit envolés,
Les travailleurs s'en vont à la cueillette. Allez,
Grimpez, garçons ; chantez dans l'arbre et dans les bises.
On étale à vos pieds les vieilles toiles grises
Où tombe, sous les coups actifs de vos roseaux,
Le fruit noir qu'avant vous récoltaient les oiseaux.
« Acanez ! » frappez sec ; l'olive se détache,
Tombe, et sur les draps clairs ressort comme une tache,
Et deux, trois, dix, vingt, cent, il en pleut. Alentour,
Les filles que d'en haut l'on taquine d'amour
Cherchent les fruits tombés en dehors de la nappe.
Mais quoi donc ! les roseaux s'arrêtent ! Çà, qu'on frappe !
Ravivez le travail un moment ralenti.
Quelle récolte, enfants ! les fleurs n'ont pas menti !

« Le roseau, disent-ils, est plus froid que du marbre. »
C'est pourquoi par instants le bruit cesse dans l'arbre ;
Le travail s'interrompt : ils soufflent dans leurs doigts.
« Eh ! disent ceux d'en bas, si vos roseaux sont froids,
Braves gens, croyez-vous que l'olive soit tiède ?
Venez donc ramasser, descendez à notre aide,
Et vous allez sentir s'il fait chaud par ici !
La terre, où la rosée est de glace, a durci, -
Et nous pique les mains de mille coups d'aiguilles. »
Mais les bons travailleurs laissent gémir les filles,
Car le travail repris les réchauffe, et le vent
Vient humide et malsain du côté du levant.
Puis lorsque, vers midi, le soleil enfin perce
Le plafond nuageux qui s'ouvre et se disperse,
Un instant de soleil fait croire aux travailleurs
Qu'ils en sont revenus aux longs jours des chaleurs ;
Et plus d'un mois, propice aux joyeux bavardages,
La cueillette chanteuse anime les feuillages.
Jean Aicard (1848-1921). Recueil : Les Poèmes de Provence (1874).
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F
L'image me rappelle les livres de l'école dans mon enfance. Un très joli poème qui a l'accent de la Provence et du soleil!
Passe une bonne soirée
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E
mais tu as raison, j'ai connu ça aussi bien que plus âgée que toi :-)
Q
J'aime beaucoup... merci pour ce choix de poème et d'image.
Bisous et douce journée.
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E
il est de "saison" chez nous :-)
grosses bises
J
Jean Aicard trop oublié à moins que ce ne soit mon inculture. J'aime beaucoup ce poème et l'illustration que tu lui as trouvée.
bises
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E
sourire, chez moi je crois que c'est de l'inculture je n'ai pas l'impression de le connaître ou alors je l'avais oublié !
bises
D
Dans votre Sud on cueille les olives, chez nous les noix et les châtaignes. Chaque région a son charme.
Merci pour ce joli poème qui inonde de ses belles couleurs la sinistrose ambiante.
Bisous.
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E
Ah, mais dans le sud ...De l'autre côté de la méditerranée on ramasse aussi les châtaignes que j'adore :-) et les noix !!!!
bisous
M
Un très beau poème ! La cueillette a déjà commencé, il faut dire aussi que les olives cette année, tombent beaucoup au sol, elles sont piquées plus que d'habitude, la mouche a encore sévi ! bisous
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E
dommage ...pour la dégustation des olives et de l'huile que je consomme beaucoup !!! on fera avec ...
grosses bises
A
Au pays du soleil
l'automne se charme
de la saison des olives !

Une très belle évocation !
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E
tout à fait :-) outre l'huile ...(qui devient un peu trop chère) regarder les champs d'oliviers sont des spectacles dont je ne me lasse passe
E
j'ai un grand faible pour les champs d'oliviers :-)
P
Il est bien animé ce poème. On les voit cueillir et on les voit ramasser. Chacun croit avoir plus froid que l'autre. Et le soleil revient.
Bisous Eglantine
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E
c'est un poème "vivant" :-)
bises
C
Grand merci Monique, excellent choix, moi qui aime beaucoup les olives. Super ! Bonne poursuite de ce jeudi. Bisous♥
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E
heureuse que ce poème te plaise
bisous
J
Un tres beau poème pour nous parler de cette cueillette des olives. J'aime quand la Provence chante de cette façon .
Bon jeudi
Bises
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E
Chaque région à son charme :-) Les oliviers sont bien caractéristiques de la Provence
bises
Y
Une très belle poésie, des gens aux labeurs agricoles.
Du coup je profite du texte en rimes, et j'apprends en même temps la technique du ramassage.
Et olives noires, olives en sur maturation, je crois, tombent presque toutes seules.
Et pour le coussin à aiguilles, oui, hérisson était une solution alternative si je n'avais pas donné d'autres indices.
Du coup, avec " hérisson ", moi aussi j'ai appris quelque chose.
Pas si " biscornu " que ça ma question devinette.
À plus. Yann
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E
pas du tout biscornu ta question bien au contraire ! Je suis nulle en devinette d'une façon générale, cependant avec les tiennes au moins je découvre toujours quelque chose de nouveau. belle journée à toi
M
Je ne suis pas fan des olives mais j'ai beaucoup aimé cette cueillette en poème. Bisous
Répondre
E
il faut venir dans notre région pour " tester" les différentes variétés :-) peut-être que tu en trouveras ue à ton goût sait-on jamais
bises
Z
Coucou Monique,
Je découvre chez toi un très beau poème. Merci.
C'est une très belle participation pour Colette.
Bises et bon 11 novembre - Zaza
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E
dans le sud il est de saison :-) bisous
G
Merci pour cette carte postale animée ! L'huile de ces olives, on la mangera bientôt sur du pain...
Répondre
E
une bonne et large tranche de pain de campagne, tres lègèrement grillée...juste un pécadou pour qu'elle croque, frottée avec de l'ail, arrosée d'une bonne huile d'olive, saupoudrée de sariette...je te laisse déguster :-)
J
Ah vos beaux et chers oliviers de Provence, merci mère-grand et bon jeudi, bises jill
Répondre
E
Il faut recommaitre que les champs d'oliviers sont des paysages dont on ne se lasse pas :-)...et des olives non plus à déguster
bises