J’ai perdu l’habitude des escarmouches avec les uns et les autres, j’espère que je vais arriver à faire face aux commères !
Horace, encore ébahi d’avoir eu gain de cause relativement vite, a du mal à plonger dans une bonne sieste, tant il est excité.
D’accord, elle va être un peu tendue aux premières rencontres, néanmoins je lui fais confiance, pour retrouver très vite son mordant !
Il n’avait pas fallu aller bien loin dans le quartier pour apercevoir, en grand conciliabule ces dames, Joseph et Germaine .
Allons, courage, ce ne sont pas ces deux pipelettes qui vont avoir le dessus !
C’est toute guillerette qu’Églantine poursuivit sa route , se disant que la première étape s’était bien déroulée. La bonne odeur de pain frais qui se répandait au fur et à mesure qu’elle avançait vers la boutique l’a mettait en appétit.
Reste à savoir si ce n’est pas une odeur artificielle ou si c’est vraiment le pain du nouveau boulanger qui sent si bon ! Les boulangeries se faisant de plus en plus rares du fait de la hausse de l’électricité, adieu les fours à bois, celles qui résistaient voyaient leur clientèle augmenter. Quelques personnes n’avaient pas du pouvoir pénétrer encore dans celle-ci nouvellement installée et attendaient sur le pas de la porte .
Tout autant qu’elle pouvait en juger en se rapprochant, Églantine, ne vit aucune tête connue dans le groupe et c’est détendue qu’elle patienta le temps que vienne son tour d’être servie tout en observant le couple derrière le comptoir.
Ils sont curieux tous les deux, lui semble plus vieux qu’elle. Je me demande si c’est sa femme ou sa commise ?
Un peu bondonnant le bonhomme pour jouer au don juan avec ses plaisanteries. En revanche la jeunette est gracieuse.
Il restait maintenant à aller chercher le mou pour Horace. Après l’aide qu’il lui avait apporter en l’encourageant à sortir, il méritait bien une récompense. La visite chez le boucher serait sans doute moins facile, puisque ce dernier l’avait vue plusieurs fois dans le magasin et poserait certainement des questions. Églantine, failli se télescoper avec mademoiselle Hortense, plus occupée à regarder son téléphone que de se soucier des personnes qu’elle croisait !
Ouf ! Évité de peu ! On peu pas dire qu’elle ait embellie la demoiselle, je dirais même qu’elle a du grossir et pas qu’un peu ! Et toujours aussi fière et pourtant elle n’a rien qui justifie qu’elle le soit !
Les rumeurs se répandent rapidement et le petit microcosme qui connaissait de près ou de loin, M’Âme Églantine, était maintenant au courant de son retour sur le devant de la scène. Monsieur Gustave, le boucher, faisait partie des initiés de la nouvelle. C’est donc sans surprise qu’il la vit entrer dans son magasin. Les quelques personnes présentes cessèrent leur bavardage en attendant les premières réparties d’ Églantine. À malin, malin et demi ! Gustave, qui avait souvent à faire aux sautes d’humeur de sa cliente, était bien décidé à ne pas marquer d’étonnement, sachant très bien qu’aux premiers mots il se ferait rabrouer. Il la servit donc, le plus simplement du monde et comme s’il l’avait vue la veille.
Ah ça alors, je n’en reviens pas, pesta Églantine, tout le long du chemin de retour .
Horace, quant à lui après un temps d’inquiétude, le sommeil lui revint tout naturellement et c’est sur le canapé que ça maîtresse le trouva ronflant comme un bienheureux.