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Eglantine raconte... Chapitre 3...

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Marseille

Églantine décide en désespoir de cause mais un peu légèrement, il faut bien le reconnaitre, d'arrêter ses études et d'entrer dans la vie active. Les fiançailles de sa sœur cadette lui donnent le prétexte de venir à Marseille et d’y rester contre l’avis de ses parents, désolés de la voir arrêter sa scolarité après le bac.

Et c'est ainsi qu'Églantine accompagnée de sa sœur ainée quitta la Corse pour le continent ! Depuis son arrivée en Corse, au moment de la guerre, le confort des bateaux avait évolué et la traversée se passa sans encombre. Vous avez les petits-enfants, lors de nos traversées pour aller voir la famille, connu encore mieux en stabilité et confort, car autant qu'il m'en souvienne en 1955 on voyageait plus facilement sur des choses longues que dans des cabines.

Églantine a quitté une sœur pour venir vivre avec l'autre, c'est vrai que dans la famille il y a toujours quelqu'un qui vous prend en charge. Églantine ne voyait cette sœur que pendant les vacances et elle était très impressionnée par la jeune femme élégante qu'elle était devenue.

Une autre période s'ouvrait pour elles deux et malgré le fait qu'un «élu» tenait une grand place dans son cœur elle accueillit la «petite» avec beaucoup de chaleur. «Petite» un peu collante il faut bien le dire quand la plus grande voulait sortir avec son fiancé qui rouspétait un peu de temps en temps, mais avec le sourire.

C'est à cette période que mère-grand découvrit les oursins, le plaisir de faire les mots croisés, les promenades sur la Canebière et d'autres choses encore. Au mois de septembre ils partirent tous les trois faire des vendanges dans une propriété à coté de Montpellier. C'était le premier travail de mère-grand et un bon souvenir malgré la fatigue que ça représentait. Elle mangeait avec appétit des omelettes et de la charcuterie au petit déjeuner alors qu'elle se contentait d'un café d'habitude !

Pas besoin de berceuse le soir et le lever en même temps que le soleil était un peu difficile ! Ils travaillaient avec des saisonniers espagnols rompus à la tâche, et il fallait garder le rythme, bien entendu rien à voir avec les vendanges de dilettantes dans la vigne de ses parents! L'ambiance y était sympathique,des jeunes des environs nous y avaient rejoints et je crois bien que j'ai même eu un tout petit flirt ! Chut... ne le dit à personne et puis peut être est ce juste une illusion de mère-grand alors ça restera un secret entre toi et moi !



- tes parents avaient une vigne mamie?

- sur la route menant à la gare, oui mon petit fils, elle n'était pas très grande, juste pour le raisin de table et la consommation en vin de la maison; Elle est maintenant propriété de ma sœur cadette et malheureusement à l'abandon depuis de nombreuse années, comme notre jardin. Ce n'est pas facile d'entretenir les choses lorsqu'on vit de l'autre coté de la Méditerranée.

Au retour de Montpellier, puisqu'elle ne souhaitait pas poursuivre ses études , il était temps de chercher un emploi. Trouver du travail à cette époque n’était pas non plus chose facile, d’autant plus, lorsque l’on n’a aucune expérience dans aucun domaine et des études arrêtées au bac.



Note d’Églantine:

Vous voyez les petits-enfants les études c’est important…mais je ne le savais pas encore!

Avec obstination Églantine s'investit dans des recherches , n'élimant aucune piste et elle finit par trouver ce que l’on peut appeler un stage, dans une maison de distribution de film. Elle n’était pas beaucoup payée mais nourrie à midi !Il fallait visionner les grosses bobines de films et réparer les accrocs. Ces bobines étaient ensuite louées par les cinémas de Marseille. L'ambiance était familiale et elle se lia d'amitié avec la jeune fille de la maison qui avait à peu près son âge.

C’est bien beau tous ces souvenirs, mais l'esprit d'Églantine s’égare .Il vaut mieux faire une pause sur va vie passée et se mettre au travail sur le blog.



Le Billet d’Églantine:

  Un peu, beaucoup, passionnément,

  un peu de sentiments, passionnément,

  quelques recettes certainement,

un sourire assurément,

la météo surement,

le saint(e) du jour utilement,

un peu, beaucoup, passionnément,

un peu d'humour, pour rire le jour,

beaoucoup de dérision à l'occasion,

un peu, beaucoup, passionnément,
tout ça c'est mon blog !
ni ordonné, ni classé mais en vrac,
suivant l'humeur du jour
ou les insomnies de la nuit !
  

Églantine est maintenant devenue marseillaise à part entière. En juillet de l'an de grâce 1956 ! le Trésor public la convoque et l’embauche à la perception du 7eme arrondissement!Une partie de la famille travaillant dans la fonction ,elle suppose que ça a du faciliter les choses sans doute, n'ayant pas peur de le dire...

La vie joue des tours et on ne sait jamais ce qu’ils vous réservent! Trois mois après son entrée, le ministère des finances décide de licencier tous les auxiliaires. C’est un évènement assez rare dans l’administration et pour sauver son emploi Églantine demande à partir dans le département là ou il y a de la place.

C’est ainsi qu’elle débarque à Arles, avec une autre jeune fille. Leur arrivée à la Recette des Finances provoqua sans qu'elles en prennent conscience de suite, des allers-retours d'une partie du personnel entre le 1er étage et le rez de chaussée. Ce n'était que les jeunes gens du service comptable qui venaient «z'ieuter»les deux nouvelles!

L’administration leur avait trouvé un poste, pour le reste à elles de se débrouiller. Il fallait trouver avant le soir un hôtel, à moindre coût, en attendant de partir en chasse d’une location le lendemain. Un employé porté de bonne volonté de la Recette, les prend en charge et les accompagne en les recommandant avec beaucoup d’instance à la patronne d'un hôtel qu'il connaissait bien, l'histoire ne dira pas s'il était un habitué des lieux mais nous allons plutôt supposer que c'est par son travail qu'il la connaissait.

La «faune», le soir au restaurant était pour elles un peu patibulaire, et le plafond de la chambre avec son grand miroir surprenant. Mais personne ne s’avisa de les importuner, ce qui ne les empêcha pas de fermer à double tours, de coincer un meuble devant la porte…sans vraiment réaliser qu’elles se trouvaient dans un hôtel de passes, à cette époque sans doute à vingt ans, était-on encore un peu naïve ! Le lendemain d'autres collègues s'inquiétèrent de leur sort et les aidèrent à trouver une chambre.



Note d’Églantine:

Elles trouvèrent assez rapidement une chambre chez l’habitant, sauf qu’il n’y avait pas de chauffage et que la propriétaire, devait être dérangée un peu dans sa tête, elle délirait beaucoup, gentille cependant, mais dérangée. Aussi le matin pour ne pas être en retard elles quittaient leur chambre, sur la pointe des pieds et se faufilaient doucement jusque dans la rue. Ce n’était pas gagné tous les jours!

Sur le boulevard des Lices le soir, les gens promenaient comme en Corse sur la place, elles en prirent aussi l'habitude, retardant le retour dans une chambre glaciale. Deux jeunes jeunes de la Recette leur tenaient compagnie et c'est ainsi que débutât une histoire d'amour entre Églantine et son futur mari.

 

   - alors c'est comme ça ma mamie que vous vous êtes connus ?

    - ne dit on pas mon petit-fils, qu'on rencontre l'amour très souvent dans le cadre de son travail ?

    - oui, mais dis moi avant tu n'as jamais été amoureuse mamie? Promis je ne dirai rien à personne...

    - petit curieux ! Bon puisque c'est toi mais dans le creux de l'oreille, beaucoup, beaucoup moins que toi mais un tout petit peu … disons des amourettes, mais imagine un peu que ton papy se décide un jour à lire mes écrits, ce qui n'est pas le cas pour le moment, que va - t-il penser ?

    - oh mamie, lui aussi a du avoir quelques petites amourettes non ?

    - certainement, même si les mœurs étaient moins libres qu'aujourd'hui hui ce n'est pas pour autant que le cœur ne s'emballait pas de temps en temps, mais c'est bien loin tout ça on va prendre pour cette partie là «le chiffon à effacer les souvenirs» enfin pas complètement, on met ça dans le tiroir secret tu veux bien ?

 

Arles la Recette des finances, pendant un mois puis Arles la Perception, ensuite Mallemort et puis de nouveau Marseille, elle se promène un peu. Malgré ces déplacements, le contact va se poursuivre avec celui qui l’a embrassé pour la première fois, près de la statue de Lamartine, par un fort mistral un soir glacial de novembre. Statue enlevée depuis lors…il n’y a plus de respect pour les souvenirs!

Le service militaire va mener l'élu de son cœur à Marseille dans une caserne située dans le quartier ou elle a une chambre. Qu'on ne dise pas que le Dieu de l'amour, n'y est pas pour quelque chose !

 

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N
<br /> trouver du travail a toujours été un dur combat, les etudes aussi étaient importantes<br /> une chose diffère cependant, il semble qu'a l'epoque tu n'ais pas hesité a traverser la france pour satisfaire ton employeur<br /> jusqu'a dormir dans un hotel de passe lol.... naif que nous sommes à 20 ans<br /> aujourd'hui, si l'on regarde les chiffres du chomage, il semble que nos jeunes soient plus difficiles<br /> le monde etait peut etre moins dangereux...<br /> merci pour cette nouvelle page<br /> gros bisous ma douce eglantine<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> De plus en plus intéressant cette histoire, comme quoi ,le hasard n'existe pas. Avoir travaillé dans la recette et faire un blog où on peut en trouver de bonnes  quel "des lices"  !!!!<br /> <br /> Tu aurais pu, de passer de soeur en soeur en devenir une bonne ou choisir un masseur mais non point, s'en fut un de la recette. Il a dû se régaler des tiennes.<br /> Pour Mallemort, serait-ce celui du Contat ?<br /> Bises Mère-grand, je suis à croc de  ton histoire  à défaut de déguster tes recettes.<br /> Bon, je suis un peu taquin mais seulement avec ceux que j'apprécie.  <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> j'aime ton humour , tu peux rester taquin j'y prends plaisir <br /> mallemort..dans les bdr...<br /> <br /> bises et bon dimanche a toi, ne change rien je suis contente de te lire<br /> <br /> <br />
N
<br /> Je me trompe ou tu as changé de déco de blog???<br /> <br /> <br />
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E
<br /> en ces temps de froidure j'avais besoin de couleurs ...mais je ne sais pas si je vais garder c'est un peu foncé...et l'autre était un peu clair !!! on verra apres les fetes <br /> <br /> <br />
P
<br /> J'aime beaucoup le "chut". Je ne sais pas si j'aimerais beaucoup, même maintenant, que mon mari me confie "ses petites amourettes". C'est très sage de faire passer ce message aux petits enfants.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> raconter oui...mais pas tout <br /> <br /> <br />
B
<br /> Que d'aventures la vie d'Eglantine, tes petits enfants ont de la chance de posséder cet héritage inestimable .<br /> Bisous et bon WE<br /> <br /> <br />
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E
<br /> c'est trop gentil ça ce n'est pourtant qu'une vie toute simple<br /> <br /> je t'embrasse<br /> <br /> <br />
P
<br /> <br /> Décidément, j'ai beaucoup de mal à comprendre qu'il faut attendre. Je suis patiente avec tout mais pas avec cet engin.<br /> J'ai foncé, car mon mari vient de me dire qu'il y a -11 sous le sophora du jardin et que donc dans les champs ... et cela m'a fait penser à votre premier baiser dans le froid et le vent !!!<br /> <br /> <br /> <br />
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P
<br /> Ca fait plonger en arrière tout ça et c'est bon. Mais c'est un passage qui ne figure pas encore dans les miens de souvenirs.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Hum ! ça me fait plonger dans des souvenirs que je n'ai même pas encore écrit. Et c'est bon !<br /> <br /> <br />
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E
<br /> il faut écrire <br /> <br /> <br />