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Comme hier, exactement comme hier...

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Histoire à quatre mains, le début chez Adamante
 
L’heure du pastis à Marseille...suite
 
Fanny avait levé le nez, et répondu avec un grand sourire,
 
-       J’arrive Monsieur Marius, je viens de finir ! Juste le temps de ranger mes affaires !
Ange s’était levé pour s’escaper, Marius l’avait retenu,
-       Assieds-toi grand fada ! Elle arrive.
 
Fanny s’était installée à la table. Elle avait un sourire à faire pâlir la Madone.  Déjà Ange, tout farfantier, se languissait d’être seul avec elle. Il en était devenu tout brancari, avait renversé son verre qui avait terminé en miettes sur le sol. Madame Honorine qui n’avait rien perdu de la scène était arrivée avec une frotasse pour réparer les dégâts.
 
-       Il ne faut pas vous en faire Monsieur Ange, je sais bien que vous n’êtes pas un m’enfouti ! Il paraît que casser un verre ça porte bonheur. N’est-ce pas Monsieur Marius !
 
-       Un peu, Madame Honorine, 7 ans de bonheur à ce qu’on dit !
 
Et puis Marius s’était retiré pour aller mouiller l’olive, comme on dit à Marseille. IL faut dire qu’avec tout le pastaga qu’il avait bu, il devait en avoir un besoin pressant ! Mais surtout il voulait les laisser seuls.
 
Une fois Marius parti, ils avaient discuté, puis Ange avait proposé à Fanny de la châler sur son vélo jusque chez elle et elle avait dit oui. Ensuite ils s’étaient revus puis, quelques temps plus tard,  ils avaient célébré leurs noces à Notre Dame de la Garde et fêté leurs épousailles  à la Sardine.
 
Ce soir là, il y avait du beau monde, toutes les huiles du Conseil Municipal étaient là, il avait fallu pousser les murs. 
Monsieur Ferdinand avait mis son plus beau braille et Madame Honorine, qui s'était mise elle aussi sur sont trente et un, en voyant son homme si beau avait eu un regain de jeunesse.
En voyant la mariée, émue,  elle s'était écrié  à la cantonade : 
 
           - ô la pitchoune ! Qu'elle est jolie !  
 
et elle avait poursuivi :
 
-          A queste cop, li sian ! Viens ici, favouille ! Viens m' embrasser !   
 
C’est que l’Honorine c’est pas couraren : quand elle parle au Vieux Port on l’entend jusqu’en haut de la Canebière à vous mettre la honte. Les amoureux eux, se roulaient des patins de longue et puis la nuit venue, discrètement, ils sont partis jusqu'à l’hôtel « Ici on dort » .  
 
 
Depuis, bien des années se sont écoulées. Depuis plein d’autres Anges et  plein d'autres Fanny se sont rencontrés, personne n’a oublié leur histoire, car l’accent et les mots qui sentent le midi continuent de rythmer la vie des gens, comme hier, exactement comme hier.
 
 
 La Langue de Mistral vous interpelle ?  Posez des questions on vous répondra…
 
 

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F
<br /> <br /> Belle histoire à la marseillaise; on pense au film de Pagnol ; c'est amusant tous ces mots de patois !!<br /> <br /> <br /> Bonne nuit<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Bonsoir Eglantine<br /> <br /> <br /> Je suis venue sur ton blog pour connaître la suite de l'histoire. Comme ça j'ai parcouru ton blog que je ne connaissais pas, je reviendrai certainement y faire un petit tour.<br /> <br /> <br /> Douce Soirée<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> Angeline<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> on est sous le charme de votre histoire !! ça sent on le midi m^me le soir après le kiné !! mariage marseillais qui sent bon la lavande !! merci pour ce petit coup de bonheur à 4 mains et combien<br /> de pieds ??? bizzoux Eglantine, je repars sur le port pour féliciter la Dame menthe !!!<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Allo Églantine, je viens de lire la suite de cette belle histoire. J'ai fini par comprendre et dit à haute voix, c'est charmant.. à bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Chouette ! Et il ne manque que le chant des cigales !   <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> chez ADAMANTE il y a des cigales....<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Ah , que c'est bon !! Je suis sûre que les chinois , s'ils connaissaient cet accent , en redemanderaient tous les jours !! ... accoudé au comptoir , avec un petit pastagas , ils feraient "gan bei<br /> "traduction : "cul sec" ..., et ils  sortiraient un jour : les boules de pétanque , le lendemain ... les briques de mahjong !!Quel beau mélange sur la Cane ...bière ...<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Que voila un article d'été !<br /> <br /> <br /> J'entends aussi les cigales entre les lignes...<br /> <br /> <br /> Le lire à haute voix est un délice, même si l'on n'a pas l'aaccent  ..<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> Michel<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Pastaga (dit aussi fly ou jus de banane), aïoli et bouillabaisse, il ne faut rien de plus pour être heureux. Ô Bonne mère ! le fly, vè, on s'est tellement escagassées qu'on l'a bien mérité tout<br /> en restant d'équerre ! Une performance ! et en plus, ici on danse, on est au ballèti ! ada<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Bonjour Eglantine, je viens de chez adamante pour le début et je passe ici pour voir la fin de cette histoire marseillaise à 4 mains... Deux mots, farfantier et brancari pour une ch'tite<br /> explication, sinon j'ai su traduire vos mots made in Marseille, savoureux, tout bonnement ! La belle journée Eglantine-Lilas, au plaisir d'une olive trempée... jill<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> farfantier: exité<br /> <br /> <br /> brancari : mala droit<br /> <br /> <br /> bises <br /> <br /> <br /> <br />