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L.D.L.N ...suite 1

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Lorsque j’ouvre les yeux avec difficulté, le livre est tombé à mes pieds et je débarque  précipitamment dans la ville ou je suis sensé me rendre, mais dès que je mis un pied sur le quai de la gare je crus qu’un djinn m’avait joué une mauvaise farce.  Pas de doute il avait dû profiter de mon sommeil pour  m’envoyer sur une planète inconnue, un « ailleurs » que je ne connais pas et une angoisse sans nom me saisit sans que je puisse me maîtriser. Il est très tôt, une brume épaisse rend les lieux fantasmagoriques et j’ai bien du mal à trouver mes repères. Je déambule dans ce que je crois être des rues, avec le sentiment d’être écrasé telle une petite fourmi par les constructions complexes qui me dominent du haut de leurs très grandes hauteurs.

Une femme avec un accent inconnu m’interpelle :

— L’entrée du cimetière Montparnasse s’il vous plait ?

Pourquoi me parle-t-elle du cimetière, j’ai quitté Paris il y a au moins maintenant trois heures, et je ne suis plus entrain de lire le livre .Je lui réponds d’un haussement d’épaules et lui dis que je ne comprends rien à ce qu’elle me raconte. Est-ce moi qui perds la tête ou ai-je atterri dans un monde de fou ? Mon cœur bat encore la chamade lorsqu’au détour d’une rue je butte pratiquement sur une roue énorme qui me barre le chemin. A quoi peut-elle bien servir ? Des palmes tournent doucement propulsées par je ne sais quoi, avec un bruit métallique qui m’agace les dents. Il faut absolument que je me secoue, des collègues m’attendent à la préfecture et Lange court toujours sans qu’on sache s’il est responsable ou pas des crimes, dont tout semble pourtant l’accuser.

J’essaye de me ressaisir et malgré la brume qui me cache mon environnement je continue à avancer en suivant le flot des voyageurs. Pour dissiper mon malaise, j’imagine la vie de Gabriel Lange  grimpant le long des collines, dévalant les pentes vers les vallées, dormant le jour dans les champs ou à l’abri des fourrés. S’arrêtant parfois à une fontaine, fuyant toute rencontre,  puis reprenant son chemin sans que je puisse arriver encore à imaginer vers quelle destination il va. Est-ce une errance au hasard des chemins qu’il rencontre ou bien poursuit-il un but bien précis ?

Bousculer par la foule matinale je renifle, je flaire son parcours, et je me demande ce que je ferai à sa place. Je suis l’Homme de la nuit, partout où je passe, je suis et je reste toujours celui qui vient d’ailleurs, jamais reconnu par les siens, je demeure celui qui fait peur. Mon sac sur l’épaule devient de plus en plus lourd, je marche depuis si longtemps, mes jambes ont du mal à me porter.  Dans d’autres temps, on m’aurait appelé le va-nu-pieds, personne ne connaît ma voix car j’avance sans parole,  souvent sans visage, lorsque la terre du chemin colle à ma peau me rendant méconnaissable. Est-ce  que j’ai envie de tuer ? Mais tuer ma douleur ou celui qui se met en travers de mon chemin ? 

A suivre...

 

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pimprenelle 21/04/2013 17:11


Là, tu nous balades, non ...

flipperine 11/04/2013 00:15


l'histoire se complique

Solange 10/04/2013 22:07


J'aurais bien continuer à lire moi.

Quichottine 10/04/2013 19:11


Oups... je ne vais pas essayer de tester quelle réponse est la meilleure.


 


Peut-on avoir envie de tuer à ce point-là ?

annielamarmotte 10/04/2013 16:56


c'est que j'y prend goût!

Marizou 10/04/2013 08:39


J'attends la suite avec impatience !

jillbill 10/04/2013 08:22


Bonjour Eglantine... Reine du mystère... Merci pour ta page du jour et je te suis ben oui j'ai envie de savoir moa.... Bizzzzzzzzzzzz