Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La Rose

 

C’est ainsi que l’on me nomme.
 
            Je suis née dans les années 1930 mais je n’ai trouvé aucun registre portant ma date exacte. Il faudrait peut être que je m’arme de courage et pousse un peu plus les recherches, mais à mon âge j’avoue que je me dis qu’à quelques années près, cela n’a plus guère d’importance.
 
            J’ai vue le jour dans le quartier du pont d’Avignon. Au nord de la ville aux prairies verdoyantes, qui comptait à peine plus de 20 000 habitants à cette époque, et où coulait jadis un torrent impétueux, Le Vabre du Talagard. A la croisée des routes d’Eyguières et D’Avignon se trouvait un lavoir et un petit pont enjambait ce torrent saisonnier. Je demeurai un peu en amont de ce croisement. Vers la fin du 19 ème siècle, les riches négociants de la ville en huile et savon, adoptent ce quartier comme une banlieue de villégiature où sont construits des châteaux. C’était aussi la première image pour les monarques venant visiter la ville et une halte pour les diligences.
 
            Aucun rapport avec moi, mais quand même il est agréable de savoir que j’ai vu le jour dans un quartier huppé. Petit à petit le quartier se peuple, les prairies disparaissent,  des commerces  fleurissent et tout naturellement le quartier prendra le nom « Du pont d’Avignon ».
 
            Pour ma part je continue ma vie tranquille et j’écoute le murmure du torrent surtout à l’automne ou à la fonte des neiges, qui passe à mes pieds. Deux beaux tilleuls poussent et prospèrent dans le jardin, pendant que l’un des deux offre son ombre au torrent en se penchant vers lui.
 
            Nous sommes dans les années soixante et la nécessité de construction se fait sentir. Les châteaux se raréfient au profit de logements  en copropriété. De là ou je suis, je regarde de loin avec mélancolie, la transformation de mon quartier. Dans un premier le petit torrent est busé et recouvert et en 1964, le petit pont qui l’enjambait est démoli ainsi que le lavoir. La croix au centre de la place est déportée sur le coté afin de faciliter la circulation des deux voies.
 
            Les temps changent il faut l’admettre, j’ai eue une vie bien remplie particulièrement ces quarante dernières années en fin peut être trente cinq, je ne sais plus, la mémoire, ah cette mémoire qui de temps en temps vous abandonne ! La vie était cependant plus calme à la maison depuis quelques temps, je m’inquiétais un peu mais que faire.
 
            Depuis un mois nous avons plus de visites et devant ma mine qui s’assombrissait, on m’a rassurée, dit que pour moi rien ne changerait, peut être même au contraire alors qu’on me délaissait un peu depuis quelques temps, j’aurai le plaisir d’avoir une nouvelle jeunesse, pensez à mon âge une nouvelle jeunesse ! Et pourtant si il parait que c’est possible, enfin je veux bien les croire, ils étaient gentils avec moi je ne pense pas qu’ils mentent mais quand même avouez que ça fait un choc d’apprendre tout d’un coup que moi Villa la Rose, je suis en vente !
 
Enfin ainsi va la vie !…
 
 
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

ADAMANTE 07/04/2011 23:39



Le temps modifie tous les visages, tous les paysages et tout nous rappelle que nous ne sommes que de passage, même les vieilles maisons en font l'expérience. J'aime bien l'idée de la faire
parler. Amitiés Eglantine. Adamante



Harmonie37 04/04/2011 18:52



Que de nostalgie dans ces mots, une sage décision qui laisse un goût amer au coeur des souvenirs.


 


Gros bisous Eglantine



Eglantine-Lilas 07/04/2011 16:00



c'est pour éviter trop de nostalgie que ce serait bien que ça se fasse vite !


bisous



Le billet de Michel 02/04/2011 22:32



Comme ce texte est émouvant !


J'avais compris bien avant la fin qu'il s'agissait de ta maison. Ce n'est pas facile mais au moins en écrivant, tu partages ton émotion et cela devrait t'aider... un peu.


Gros gros bisous Eglantine.


Michel



JPSIAM 02/04/2011 06:49



Je pense quue tu adresses ce poeme a ta maison. Bises Jean-Pierre et EW





 Regret d'un amour



Qu'est ce qui m'arrive,
Ma vie part à la dérive,
Je ne sais pas comment m'en sortir,
Je me suis laissé engloutir.

Prisonnière d'un amour impossible,
Mon rêve serait de devenir invisible,
Pour pouvoir passer à travers les barreaux,
Et m'empécher de devenir barjot.

Je m'en voudrai à jamais,
De t'avoir perdu,
Alors que tu m'aimais.
Tout me deviens superflu.

Me sentant délaissé,
Je t'ai quitté avec regret,
Mais je te sentais éloigné,
J'aurais voulu que tu sois là pour m'aider.

Que faire?
Je n'ai plus de remède,
Tout me deviens amer,
Sans mon amour Mohamed.

Pendant ce temps, je me suis laissée capturé,
Il en a profité pour me prendre dans ses filets,
Et il a réussi à me pécher,
Avec lui, je me sens aimé et éxisté.

Je vivrais dans le regret de t'avoir laissé,
Malgrès, j'esseye de réapprendre à aimer,
Je l'aimerai, avec le dégout de t'avoir bléssé,
Pourquoi ne puis-je pas t'oublier ?

Ton absence était en excès,
Je n'ai pas supporté,
Que tu t'amusais,
Alors que je t'attendais.

On est tous les deux en tord,
Toi, avec ta présence en défaud,
Moi, en croyant ton amour faux.
Il n'y a rien qui ne pourra m'enlever ces remords.

Je devrais rester à t'aimer,
En secret, sans que tu le sais,
Je continuerais à souffrir,
Mais toi, je veux te voir sourire.



Eglantine-Lilas 07/04/2011 16:07



 


merci pour ce poème d'amour !



Mireille 01/04/2011 20:34



Un bien joli petit texte, un peu triste n'est-ce-pas? Mais une fois que le décision est prise, ne rien regretter; je vous souhaite de porter rapidement une belle âme à votre prochain logis. Bon
week end. Mireille


PS: J'aime beaucoup les photos anciennes comme celles-ci qui permettent de voir les changements d'un quartier



Brunô 01/04/2011 19:25



C'est un beau texte sur tes souvenirs attachés à ta maison, vous en êtes où depuis la mise en vente. On étudie ça également de près en ce moment.


Bon courage


Gros bisous à tous les deux



Eglantine-Lilas 01/04/2011 19:56



bonsoir


quelques visites mais personne n'a fait d'offre pour le moment...d'après l'agent immobilier le volume et le prix interessent beaucoup...sauf le fait que nous soyons en bordure de rue


je ne despère pas ! il vaudrait mieux que cela se fasse le plus vite possible maintenant que la décision est prise toutefois le fait de l'avoir décidé à un moment ou il n'y a pas d'urgence
simplifie les choses..nous nous étions fixés à 6 mois, ça fait 1 mois 1/2 ...


grosses bises



Nina Padilha 01/04/2011 12:46



Joliment écrit... Mais triste.
Est-ce que les nouveaux propriétaires seront aussi poétiques ?



Eglantine-Lilas 01/04/2011 20:01



c'est triste malgré moi ..forcément !
c'est paradoxal..envie que ça se vende vite et en m^me temps un peu de nostalgie forcément ...ce n'etait pas raisonnable de ma part de m'enteter, la maison est trop grande pour nous deux, nous
vivons au 1er étage et je passe mon temps à descendre et monter parfois pour le plaisir d'aller dans le jardin, parfois par besoin au rdc ! nous avons pris l'habitude de vivre de partout et tu ne
changes pas facilement


bisous...je ne suis guère présente mais je ne t'oublie pas



pimprenelle 01/04/2011 10:58



La vie d'une maison. C'est quelque chose d'extraordinaire. La maison change tout doucement, de  propriétaires en propriétaires. Autour d'elle, la vie change aussi. Une maison qui a
déjà vécu a une âme. On le sent en entrant. On y est bien ou pas. Il faut aussi que la maison ait de bons rapports avec ses occupants. Je pense qu'elle était bien avec vous et qu'à elle comme à
vous cela fait un peu mal de se quitter.


Bien cette photo de quartier.



Eglantine-Lilas 01/04/2011 20:04



les pierres aussi ont une ame...celle qu'on y met en l'habitant j'attends la personne qui aura le coup de coeur et qui fera abstraction du fait que nous habitons en bordure de rue...mais ça
peu demander du temps !


bonne soirée Pimprenelle et merci d'être fidèle malgré mon peu de présence