Le fleuve

Publié le par Eglantine-Lilas

 

Le jeudi en poésie des Croqueurs de Mots8261579712_0467bf3022.jpg

Depuis l'âge orageux des aurores premières

Où tout un ciel pleuvait sur un monde naissant,

Suivi d'un infini cortège de rivières,

Au large, à plein chenal, en triomphe, il descend.

 

Superbe, délivré des ténèbres sauvages

Et des enchantements des noirs Esprits du mal,

Il proclame aux nouveaux soleils de ses rivages,

Son noble nom de saint, son beau nom baptismal.

 

Reflétant les espoirs des races obstinées

Dont les fils ont connu les pleurs des sombres jours,

Le vieux fleuve, le fleuve aux vastes destinées,

Le Saint-Laurent poursuit son voyage au long cours.

 

En vain le précipice irrite sa puissance,

De l'abîme à l'abîme, il redouble ses bonds.

Il passe. Tout le bruit de son effervescence

À la longue, s'apaise en des calmes profonds.

 

De la plus humble côte au plus haut promontoire,

D'amont jusqu'en aval, tout le long de ses bords,

Cent clochers, au matin, célèbrent son histoire,

Et cent clochers, au soir, modulent leurs accords.

 

Il passe. Que lui font les tributs qu'il absorbe ?

En sera-t-il plus beau, plus grand, plus glorieux ?

Il passe, et l'on verra se résoudre en son orbe

L'émeraude et l'azur de la terre et des cieux :

 

Mais voici que la Mer ose forcer l'entrée

De l'estuaire où roule un océan de flots :

Devant le Roi des eaux, la Mer exaspérée

Recule, et sa colère éclate en longs sanglots.

 

Et le Fleuve, le vieux fleuve, le fleuve immense,

Dont les souffles n'ont pas cessé d'être vivants,

Magnifique de calme et d'orgueil, recommence

Sa marche vers l'aurore et les soleils levants.

 

Tel, par les champs dorés et par les vertes plaines,

Ce peuple qui déferle et déborde en tous lieux,

Et qui, sous tous les ciels, sent courir en ses veines,

Le sang qui mit sa pourpre aux veines des aïeux.

 

Illustre peuple issu de ces divines sources

Qui ne pourront jamais décroître ni tarir,

Il passe, à peine ému de ses lointaines courses,

Calme, tranquille, sûr de ne jamais mourir.

 

Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931)

 

Publié dans Poésies

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annielamarmotte 19/07/2013 17:16


juste ce qu'il me fallait pour me rafraichir

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:04



 vien on va aller se baigner dans la rivière toute proche..



Quichottine 19/07/2013 10:57


Merci pour la découverte de ce poème. :)


Passe une douce journée.

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:06



 une " remontée" ...pas du fleuve mais de l'aticle !


bises



Marizou 19/07/2013 07:52


Un grand poème pour ce grand fleuve !

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:07



 tout à fait d'accord ! belle journée à toi



patriarch 18/07/2013 17:16


Une découverte pour moi... Merci. Belle fin de journée avec bises

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:08



 j'aime découvrir ...internet t'offre parfois de jolies choses


bises



jill bill 18/07/2013 09:46


J'ai cru à un prénom de femme, Nérée mais non, je découvre le tout, fort bon ma foi... Merciiii ! Bizzzzzz

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:11



 ...Une femme ? c'est comme l'eau ...pas toujours un long fleuve tranquille 


bises



Nina Padilha 18/07/2013 09:03


C'est magnifique !
Bisous enchantés !

Eglantine-Lilas 20/07/2013 09:11



 mercis ...ravis 


bises



Mamie Claude 07/05/2010 08:48



Quelle profondeur des sentiments dans cette poésie. Merci pour ce cadeau découvert pour moi, ce matin. Bises



Nat 07/05/2010 06:16



magnifique plume , merci pour cette découverte, je me suis laissée envouter, mais j'ai le rossignol s'est envolé....



Pascale la Tricotineuse 06/05/2010 18:45



merci Eglantine pour ce thème du fleuve et des eaux de mer  !! j'ai le fleuve, l'océan et même le St Laurent (Tricotin)  hihi!!! tout un poème..... bizzoux et bon voyage en Corsica !!



ADAMANTE 06/05/2010 12:56



Très beau texte (mais j'aimais bien aussi un certain rossignol que je n'ai pas retrouvé en revenant : not found ! m'a dit la petite machine). Bonne journée, n'oublie rien surtout ! bises



Eglantine-Lilas 06/05/2010 13:39



figure toi que je l'ai programmé pour le 13 ...et qu'il a ete publié hier soir aussi je l'ai supprimé et je le remettrai la semaine prochaine...j'ai un peu de mal en ce moment a etre tres suivie
sur le blog...je visite en dents de scie ...je reponds de meme...je reprendrai un rythme plus régulier dans une dizaine de jours...je crois que je n'ai meme pas fini ma visite des greniers ...et
je n'ai pas encore une idée de ce que je vais mettre dans mon sac avec ce temps pourri ....


gros bisous



harmonie37 06/05/2010 10:08



Voici, un cour plus ou moins apaiser et quel union.


Merci de cette découverte.


Gros bisous



Michel_Le billet de Michel 06/05/2010 09:04



Impressionnant


Quel beau poëme !


Bonne journée


Bises


Michel