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Saint André

Tout d’abord, bonne fête, à tous les « André  et Andrée ».
Le 30 novembre en Corse, jour de la fête de la Saint André, symbolise la fin de l’automne, dans les villages de montagne parfois, les premières neiges,  mais aussi le partage. 
L’apôtre André,  fut l’un des douze disciples de Jésus, et c’est sur sa demande que Jésus multiplia cinq pains et cinq poissons, pour nourrir les gens qui se pressaient autour de lui. Cette distribution donna naissance à la tradition du porte à porte, mais pour épargner la dignité des nécessiteux, elle se faisait sous couvert de la mascarade. C’était la demande, des plus pauvres aux plus aisés, pour obtenir à manger et à boire. Comme pour la coutume du 1er et 2 novembre, ( https://mere-grand.over-blog.com/article-1er-et-2-novembre-120914204.html ), les plus aisés faisaient acte de charité chrétienne.
Un certain mystère plainait sur ces nécessiteux dont le visage noirci par le charbon, en partie caché par foulards et masques,  ne permettait pas de savoir à qui on avait à faire d’autant que les quêtes se faisaient à la tombée de la nuit. La peur des « mazzeri » « streghi », en quelque sorte la crainte des sorciers, permettait d’obtenir un peu plus de collaboration de ceux qui manifestaient quelques réticences à partager.
Souvent, les plus jeunes du village,  défilaient  pour le compte des plus démunis, avec une cloche portée en tête du groupe allant de porte en porte, en criant la « pricantula » (comptine) : Apriti ! Apriti à Sant’Andria ! Chì veni da longa via ! T’hà i pedi cunghjilati, È t’hà bisognu di riscaldà si ! « Ouvrez, ouvrez, à Saint André. qui vient de loin ! A  les pieds congelés, et il a besoin d’être réchauffé avec un bon verre de vin, un peu de biscuits, une « canistrella » fraîche, entre nous compagnons»…
Ils traînaient casseroles, vieux seaux et toute sorte d’ustensiles contribuant au tintamarre, sans oublier un grand sac, permettant d’emporter les dons.
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L
J'aime bcp ! La photo est superbe et le récit bien davantage encore...<br /> L'école nous envoyait tous les ans vendre des billets de loterie, puis des timbres puis je ne sais plus quoi encore, pour "les pauvres gens qui ont faim !"... C'était un vrai concours de celui qui en vendait le plus... Il est vrai que nous étions la génération "après guerre" et nos parents ne roulaient pas sur l'or, loin de là !!! Nous ne le faisions pas toujours de bon coeur, mais les parents veillaient au bon déroulement disciplinée de la quête... Pas question de réclamer des friandises pour soi ! D'ailleurs, personne n'y pensait... <br /> Merci Eglantine et gros bisous
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R
quelle jolie et utile coutume et quel joli village que tu nous montre. Bisous bisous
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M
Je ne connaissais pas du tout cette tradition corse et si tu nous en as déjà parlé, je l'avais complètement oublié. C'est bien qu'on perpétue les traditions, elles ont tendance à se perdre maintenant même dans les campagnes. Bisous
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E
sourire, oui j'en ai déjà parlé mais peut être qu'à l'époque on ne se connaissait pas encore :-) Pur ces traditions souvent je réédite difficile de rajouter du neuf ! bises
G
C'est bon d'être "culturifiée" par toi ! Combien de temps encore vont perdurer toutes ces jolies traditions ?...
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E
ah tu apprécies le mal que je me donne pour vous" culturifiée" je suis contente de toi, élève bien appliquée :-) tu auras droit à un bon point ! bisous
Y
Interessante tradition corse. <br /> Et tout se fait dans la discrétion de l’anonymat masqué.<br /> J’apprends que la tradition du porte à porte viendrait de la multiplication des pains poissons.<br /> La crainte des sorciers mise en avant, permettait de délier les bourses.<br /> Pour l’avent corse, tu parles de début novembre, un mois avant la métropole.<br /> À moins que tu voulais dire décembre.<br /> Merci pour ta visite à la belle brocante. En guise d’horloge Boulle, j’ai un simple gousset à remonter une fois par semaine.<br /> Point d’écaille de tortue :-))<br /> À plus. Amicalement. Yann
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E
sourire, les sorciers annonciateurs de mort, se retrouvent souvent dans les histoires corses ... voici une des miennes: <br /> https://mere-grand.over-blog.com/article-u-mazzeru-ou-le-sorcier-corse-52759293.html<br /> Pour l'avent, ma phrase est mal rédigé, non l'Avent commence à la même date que sur le continent, le " corse" était ou est encore , ça je ne sait, très croyant. Mais le 1er et 2 novembre il y a une autre tradition, celles du 1 er et 2 novembre ou l'on distribuait un gâteau. : https://mere-grand.over-blog.com/article-1er-et-2-novembre-120914204.html<br /> amitiés
J
Merci beaucoup pour cet article, je ne connaissais pas du tout cette tradition corse.<br /> Bonne soirée <br /> Bises
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E
j'en ai oublié certaines, d'autres me restent en mémoire ...de nos traditions :-) Peut-être que la vie dans une ile favorise un peu plus cet attachement je ne sais...d'autres régions cultivent les leurs et ne pas oublier nos racines est une bonne chose, avec les bons et les moins bons côtés ! Je n'aime pas les gens qui "crachent" sur ce qui nous à fait...bises
M
Merci de nous avoir parlé de cette coutume ancestrale qui apparamment se perpétue comme le signale Fanfan dans son commentaire. Bisous
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E
Dans beaucoup de régions de France, il y a un besoin de faire vivre les racines, tout en acceptant le progrès et c'est tant mieux ! bises
F
Une belle coutume qui préservant la dignité des pauvres gens. Cette fête est remise à l'honneur depuis quelques années. Mais les enfants font le totr des maisons pour le plaisir et pour avoir quelques friandises. Bise
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E
Je crois, sans y vivre maintenant, qu'une certaine génération fait un retour aux sources...peut-être pour certaines choses, une évolution plus moderne et c'est normal. bises
P
J'ai lu le commentaire de ZAZA. Je pense qu'il y a toujours des adultes, parents ou pas, qui savent envoyer les phrases vipérines dont se servent, malheureusement ensuite, les enfants. Tu sais quand c'est un adulte qui te fait une réflexion ça fait mal aussi.<br /> Rebisousss
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E
les enfants sont sensibles à ceux que disent les parents , c'est certain !
P
Une belle coutume et une belle photo du village.<br /> Dans les villages corses, ce devait être difficile de pouvoir se nourrir vraiment avec le travail. Je ne connais pas ton pays mais avec les montagnes et la rudesse du climat, ça ne devait pas pousser facilement. Mais bien sûr, il y avait certainement des riches peut-être encore plus riches que ça.<br /> Bisous Eglantine.
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E
La culture dans les villages de montagne n'était pas facile, du moins dans le village de mes parents. A vrai dire, il me semble qu'il y avait une solidarité naturelle. Certains plus aisés que d'autres certes, je dirais surtout plus instruits, mais pas de souvenirs de vrais riches comme on en trouve dans certains lieux. La vie était plus "riche" sur la plaine orientale. bises
J
Je rejoins Zaza, agréable lecture et j'apprends par la même occasion, merci, bises
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E
merci Jill à toi :-) toujours présente, ce qui fait que j'ai l'impression de t'avoir toujours connu. Tu fais partie de cet environnement si chaleureux que je trouve autour de mon blog. Bises
Z
Une belle coutume dans ta montagne corse Monique.<br /> Se grimer pour aller quémander est bien compréhensible, non !<br /> On affiche difficilement sa condition de pauvre, et j'en connais un rayon... Lors de mon enfance qui m'a confronté à des quolibets à l'école concernant ma grand-mère paternelle, enterrée aux indigents de ma petite commune de naissance des Yvelines en 1942. Ah ces bourriques, il y en a au moins une qui porte encore la cicatrice de ma mâchoire sur le haut du bras.<br /> Mais ce n'est pas aux copines d'école que j'en veux encore, mais aux parents qui sans ménage, ont parlé devant leurs gosses de choses qui fâchent !<br /> J'ai commencé ma lecture et je me régale.<br /> Bises et bon mardi - Zaza
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E
il me semble, de loin maintenant, mais de mes derniers séjours, qu'une génération que je situerais de l'âge de mes petits enfants, est sensible à nos traditions et à l'histoire du " passé" ... Il n'y a pas eu que de la bonté envers les plus nécessiteux, ni maintenant ni dans les temps passés, et le manque d'intelligence des adultes qu'en dire ...Je crois qu'on n'oubli jamais rien et surtout pas l'enfant qui a été blessé... J'espère que tu te régalera jusqu'au bout avec Léo :-) . Mais celui qui écrit ne peut savoir le ressenti de celui qui lit .Merci de ta présence , fidèle et réconfortante. bisous