La Place aux Huiles 4
... Le maître d’hôtel accueille Madeleine, heureux de son retour et l’accompagne à une table vers le fond de la terrasse et ...
avant de s’assoir elle commande souriante, une bouteille de rosé de Bandol, en pensant à son ami Pierre[1] qui le lui avait fait apprécier lors de leur dernière rencontre sur cette même terrasse. Et puis tant pis pour la « veste en velours noir », parfois on perd au jeu à qui perd gagne mais un petit rosé de Bandol avec ce beau soleil, on ne le boude pas.
André a beaucoup voyagé pour la promotion de son livre depuis ce dernier repas sur la place aux Huiles. En fait, les évènements un peu précipités ayant traversé sa vie à cette époque, ne lui ont pas permis de retourner sur cette place malgré le moment agréable qu’il avait partagé avec cette inconnue. Sans doute s’est-elle lassée de l’attendre mais il se promet d’aller au moins une fois déguster la cuisine de ce restaurant qu’il affectionne et peut être que...
Un peu fatigué après son retour, il a fait une halte de quelques jours dans le pied-à-terre qu’il a gardé à Marseille depuis sa vie d’étudiant. Il vit la plupart de l’année en Camargue, ce pays de grands horizons, ou il est né il y a cinquante-deux ans. Ses parents y possèdent une manade au confluent du petit Rhône et qu’ils exploitent avec ses deux frères.
Sur le vaste domaine, à ses vingt ans, il a emménagé dans une dépendance inoccupée depuis quelques années. C’est là dans la tranquillité des lieux qu’il s’est passionné tout naturellement pour l’ornithologie
Guère attiré par une vie de gardian, laissant ce soin au reste de la famille, il est cependant heureux de vivre dans ce parc naturel, situé au bord de mer et au delta du Rhône.
Souvent il se demande qui de l’eau ou de la terre l’emportera dans ce coin à l’air du bout du monde ? Une terre jamais la même, bouleversée sans cesse par l’eau et le vent et qu’il découvre émerveillé chaque fois différente lors de ses promenades à cheval.
Septembre...la douceur des journées est toujours présente, il est temps qu’il arrête de rêvasser s’il souhaite aller déjeuner sur la place aux Huiles car demain il reprend la route vers la Camargue.
C’est d’un pas léger qu’il se dirige vers l’arrêt du tram pour aller dans son restaurant préféré. Beaucoup moins de monde aux terrasses, la rentrée des classes a eu lieu et les touristes sont plus rares. Pendant qu’il attend le maitre d’hôtel, il jette un regard qu’il veut discret aux alentours et ...
A suivre ...peut être !