Cela se passait un beau jour de printemps, peut-être même un beau matin ou les rayons du soleil viennent vous caresser jusque dans votre lit et vous donnent à penser qu’il n’est peut-être pas désagréable de fuir les brumes et la population de la grande ville, pour se réfugier en Provence.
Pendant des jours et des nuits Ignace ne rêva plus que de cette chose. C’était devenu obsessionnelle, il avait de plus en plus de mal à se concentrer sur son labeur. Le bruit qui bourdonnait autour de lui l’agaçait prodigieusement et l’empêchait de rêver à sa future vie.
Ses parents l’avaient affubler de ce prénom, que lui jugeait farfelu et qu’il portait comme un fardeau pesant lourd sur son corps décharné d’un 1 m 90. A quarante ans, s’il marchait ainsi courbé depuis si longtemps, ce n’était pas que tout le poids du monde reposait sur ses épaules, mais son prénom était néanmoins lourd à porter. En se courbant, il espérait qu’on ferait moins attention à lui et que peut-être il passerait inaperçu.
Il avait toujours pensé que ce prénom avait une influence sur les décisions pas toujours heureuses qu’il prenait et ce n’était pas les derniers événements qu’il allait le faire changer d’avis. Il y a maintenant un peu plus d’un an en arrière qu’il s’était dit puisqu’il il s’appelait Ignace il allait fuir la ville et aller s’installer en Provence. Quel rapport entre Ignace et la Provence ? C’était très nébuleux dans sa tête mais peut être l’accent de Fernandel et sa chanson avaient-ils eut quelques influences.
Au moment où il prit cette décision rien ne pouvait faire penser qu’elle était mauvaise, bien des gens font la même chose, alors pourquoi pas lui. Son travail de webmaster lui permettait, compte tenu de sa notoriété actuelle, de pouvoir envisager de vivre loin de la ville tout en assurant les prestations à ses clients.
Il choisit de se rendre dans le midi à l’automne, pour choisir son lieu de résidence, se disant que si le coin lui plaisait dans une saison moins ensoleillée, forcément il ne pourrait y être qu’heureux le reste du temps. Ses parents lui avaient laissé quelques deniers qui lui permettaient une vie sans trop de soucis matériels.
Le Languedoc Roussillon eut ses premières visites. Il visita la région, fuyant les grandes villes et s’attardant plutôt dans les villages plus ou moins importants. Les feuilles des vignes avaient leur plus belle parure et il fit plusieurs hâtes pour admirer les tons chatoyants dans les vignobles. Les kilomètres s’additionnaient et c’est ainsi qu’il arriva dans le Val de l’Hérault à Pézenas. En visitant le centre historique il tomba sous le charme de cette petite ville haute en couleurs. Petits commerces d’arts, galeries, peintres, hôtels particuliers, vestiges de remparts, la richesse de Pézenas méritait réflexion. Il lui fallait maintenant trouver un hôtel, la nuit portant conseil, il verrait mieux le lendemain quelle décision prendre.