Jacques était arrivé depuis peu à Marseille. Il avait laissé toute sa famille à Tananarive pour venir en métropole intégrer un poste dans l’administration. En attendant son affectation il logeait chez des amis, mais ses journées désœuvrées étaient un peu longues et il en profitait pour découvrir la ville.
Ce jour là il avait quitté la maison de suite après le départ de ses amis, il n’aimait s’y retrouver seul. Il avait prit un café sur le vieux port à l’abri d’un terrasse de bar, s’était amusé des commentaires des uns et des autres sur le match de la veille et puis avait repris sa voiture.
Il était décidé ce matin à se promener sur le bord de mer qu’il avait peu vu depuis son arrivée. Après avoir fait une halte à la hauteur de la plage des Catalans, première plage sur le chemin de la Corniche, il s’était attardé plus longuement au vallon des Auffes, petit port de pêche méditerranéen traditionnel et pittoresque.
Cette petite anse abrite un petit port aux multiples barques colorées. Les maisons de pêcheurs serrées les unes contre les autres, lui donnent un charme unique. Il y était resté un bon moment à visiter, malgré le froid de ce mois de février.
L’heure du repas approchait et il décida d’aller jusqu’au bout de la Corniche, on lui avait parlé d’un petit « village » La pointe Rouge, où on trouvait de bons restaurants de poissons. Petites maisons, restaurants les pieds dans le sable, et vue sur mer, pas de doute, il était bien arrivé à la Pointe-Rouge.
Jacques déjeunât sans se presser, malgré la température basse le soleil brillait. L’après midi commençait à être bien entamée lorsqu’il reprit la voiture pour rentrer cette fois ci par le centre ville. Plutôt que d’être emporté par le flot de voiture il prit la contre allée du Prado.
A mi parcours son regard fut attiré par une «queue de cheval » qui se balançait suivant le pas cadencé de sa propriétaire. La silhouette était assez juvénile et par curiosité il ralentit sa conduite pour se trouver à la hauteur de la personne et voir son visage. L’ensemble était charmant et avant de réaliser ce qu’il faisait, impulsivement, il donna un coup de klaxon appuyé, pour attirer son attention.
Il lui fit signe de s’approcher pour lui proposer de la raccompagner mais elle accéléra le pas. Il se piqua au jeu et décida de la suivre tout au long du chemin, ce qui n’était pas toujours aisé bien que la circulation ne fut pas très dense à cette heure de la journée.
Et c’est ainsi que du Prado, il se perdit un peu au carrefour de Castellane, la rattrapa dans la rue de Rome, la perdit une nouvelle fois à la hauteur de la préfecture et arriva juste à temps pour la voir entrée dans un magasin au cours Saint Louis. La chance était avec lui, il trouva une place pour se garer juste en face du magasin. Il chercha l’entrée principale et décida de se planter là et de l’attendre.
Un long moment s’écoula et au moment ou il pensait l’avoir perdu, il la vit se diriger vers lui, la tête baissée et un peu distraite. Arrivée à sa hauteur elle relevât la tête, le vit et son joli visage s’empourpra. Leur regard avait du mal à se détacher, il balbutia un peu, finit par lui proposer de la raccompagner, le temps d’hésitation fut très court et elle lui dit : oui.
Et c’est ainsi que commença l'histoire d'amour entre Jacques et Agathe.